29/06/14

Cette fois, au tour des madeleines !
Vous savez, ces chères madeleines qui nous rappellent notre enfance, comme Marcel Proust l'a si bien décrit (« À la recherche du temps perdu », Du côté de chez Swann, 1913) :

« Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d'un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j'avais laissé s'amollir un morceau de madeleine. Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. II m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu'opère l'amour, en me remplissant d'une essence précieuse : ou plutôt cette essence n'était pas en moi, elle était moi. J'avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D'où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu'elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu'elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D'où venait-elle ? Que signifiait-elle ? Où l'appréhender ?

[...]

Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé ; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir. »

 
Pour réaliser ces merveilles, j'ai choisi la préparation « Madeleines fourrées », avec du chocolat, de la noix de coco et des dattes. Mais pour garder la ligne, je n'ai mis aucune matière grasse.
J'ai donc pris les ingrédients suivants :

180 g de farine de blé (ingrédient A)
3 œufs (ingrédient B)
80 g de lait ou de lait végétal (ingrédient C)
125 g de sucre (ingrédient D)
60 g de noix de coco en poudre (ingrédient E)
50 g de cubes de dattes (ingrédient F)
140 g de chocolat fondu au bain-marie (ingrédient G)
(pas d'ingrédient H)
(pas d'ingrédient I)
1/2 sachet de levure chimique (ingrédient J)
Un moule à madeleines (de 18 à 24 madeleines) (K)

Préparation :
Préchauffer le four à 200°C (th. 7).
Faire chauffer le lait et le sucre jusqu’à ce qu’ils soient fondus. Mélanger au fur et à mesure dans un saladier la farine, la levure, le mélange chauffé de lait-sucre, les dattes, 100 g du chocolat, puis les oeufs.
Beurrer et fariner le moule à madeleines. Répartir la poudre de noix de coco dans les coques, puis le tiers de la pâte, le chocolat restant et enfin recouvrir du reste de la pâte. Mettre à cuire 7 min à 200°C puis 3 min à 150°C (th. 5). Démouler peu de temps après la sortie du four.
On pourra servir ces madeleines accompagnées d’une crème à la vanille, d’une boule de glace ou d’une compote.

À vos fourneaux pour la joie des petits et des grands !